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Les révélations de Disclose en partenariat avec la cellule investigation de Radio France contredisent le discours officiel de l'État français sur l’absence d’armes françaises dans la guerre au Yémen. Une note secrète du renseignement français recense celles qui sont utilisées sur le terrain et leurs conséquences sur les populations civiles. Hélène Legeay, consultante en droits humains, spécialiste de la question des ventes d’armes, a répondu aux questions de franceinfo, lundi 15 avril.

franceinfo : Quel crédit peut-on accorder à ce que répond le cabinet du Premier ministre, à savoir : des armes françaises non-utilisées sur la ligne de front et pas de victimes civiles ?

Hélène Legeay : La publication de ce document montre qu’on ne peut accorder aucun crédit à la parole française. Là, on a une confirmation de sources internes par la direction du renseignement militaire. Ils ne peuvent donc plus dire qu’ils ne savaient pas. Ce qui est aussi intéressant dans ce document, c’est de voir qu’ils ne savent pas tout alors qu’ils garantissent depuis des mois qu’ils sont parfaitement au courant de l’utilisation qui est faite des armes de fabrication française. On voit qu’il y a une grande zone d’ombre. Et ce qui est intéressant dans ce que révèle Disclose et la cellule investigation de Radio France, c’est que la France continue à livrer du matériel. Il faut s’intéresser aussi à toute la maintenance qui est faite sur le matériel livré avant le début du conflit et qui est utilisé aujourd’hui dans le cadre du conflit certainement dans certains cas pour commettre des crimes de guerre à l’encontre des populations civiles.

Est-ce que la France est toujours là, dans le cadre du traité sur le commerce des armes ou en est-elle sortie ?

Là on en est sorti depuis bien longtemps malheureusement. La France ne respecte pas le traité sur la vente d’arme, même si elle refuse de le dire et même si elle refuse de mener une évaluation notamment en créant une commission d’enquête pour faire la vérité sur la légalité des licences d’exportation d’armement. Plus grave encore, ce document fournit a priori un début de preuve de l’utilisation d’armes françaises pour commettre des crimes de guerre. Je prendrai pour exemple l’utilisation de bateaux de fabrication française qu'Émiratis et Saoudiens utilisent pour mettre en œuvre le blocus humanitaire qui, à certains égards, est constitutif d’un crime de guerre.

Est-ce que ce qui importe est que les armes françaises puissent être utilisées dans une possible situation de crime de guerre ?

Oui et là on commence à avoir un début de preuve. En plus des navires de guerre de fabrication française utilisés pour le blocus, on peut citer aussi l’utilisation des avions ravitailleurs A330 MRTT, sans avion ravitailleur, les avions de chasse ne pourraient pas bombarder le Yémen. Hors, il semblerait que la majorité, si ce n’est la totalité des avions ravitailleurs utilisés aujourd’hui au Yémen, sont de fabrication française et font certainement l’objet, encore une fois, de maintenance de la part d’entreprises françaises.

La France ne doit-elle pas pourtant rendre des comptes tous les ans ?

Oui et non. La France doit, chaque année, envoyer au secrétariat du Traité sur le commerce des armes une liste de certains matériels de guerre livrés à tel ou tel pays. C’est tout et ça ne couvre pas, par exemple, la couverture de la maintenance ou la fourniture de munitions. En cas de violation du traité il n’y a pas grand-chose qui peut être fait, à part du contentieux au niveau français.

Source de l'article : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/armement-francais-au-yemen-on-ne-peut-accorder-aucun-credit-a-la-parole-francaise_3399329.html#xtor=RSS-3-[monde]
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