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Il se présente devant les magistrats de la chambre d'instruction de la cour d'appel. Le Dr Frédéric Péchier peut à la fin de l'audience être placé en détention. Les avocats du médecin demanderont à ce que l'audience soit publique. Il y a des grandes chances qu'elle se déroule à huis clos.

"Mon client attend sereinement l'audience...Je ne vous dirai pas qu'il est détendu, mais il fait confiance à la chambre de l'instruction" a déclaré son avocat Me Randall Schwerdorffer. 

Frédéric Péchier revient donc pour quelques heures sur Besançon, il vit depuis la dernière audience chez ses parents à Poitiers, loin du Doubs comme l'impose son contrôle judiciaire. La cour ne s'intéressera pas aujourd'hui au fond du dossier mais uniquement à la situation du médecin. Doit-il rester en liberté le temps que l'instruction se termine ? Sa place est-elle en détention provisoire dans l'attente d'un procès devant les assises comme le réclame le parquet ? Etienne Manteaux procureur de la République de Besançon a expliqué que selon la justice, le médecin était "le dénominateur commun" de tous ces incidents survenus dans deux cliniques de Besançon entre 2008 et 2017. Le parquet avait demandé initialement son placement sous mandat de dépôt, invoquant le trouble à l'ordre public.

A l'issue des débats de ce mercredi, les magistrats de la chambre de l'instruction se retireront avant de rendre leur décision, à moins qu'ils ne décident de mettre leur arrêt en délibéré devant la complexité exceptionnelle de ce dossier.

 


"On ne souhaite pas qu'il reste libre"

Ce matin à son arrivée au palais, Me Berna avocat des parties civiles a de nouveau exprimer son souhait de voir le médecin placé en détention. "Il est difficile de comprendre que parce que le Dr Péchier a une assise financière importante, il soit toujours sous contrôle judiciaire... La cour tranchera" a-t-il dit.
 

Les parties civiles seront présentes au palais de justice. Elles réclament pour la plupart le placement en détention provisoire du médecin. "On ne souhaite pas qu'il reste libre", expliquait il y a quelques jours encore Sandra Simard, vice-présidente d'Avapolvi, une association qui regroupe la plupart des victimes ou leurs proches. Cette femme de 38 ans a passé cinq jours dans le coma début 2017 à l'occasion d'une opération du dos et en conserve des séquelles cognitives."Frédéric Péchier demande à garder sa liberté, mais au vu de tous les cas ajoutés aux sept premiers cas, on estime qu'il n'y a plus beaucoup de doutes sur sa culpabilité", explique t-elle.
 


Interdit de résider sur Besançon et d'exercer son métier


Le 17 mai 2019 à l'issue de sa garde à vue et de sa mise en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements, le médecin a été laissé en liberté mais placé toujours sous contrôle judiciaire avec interdiction de venir à Besançon et de résider à Montfaucon sa commune du Doubs. Le médecin n'a toujours pas le droit d'exercer. Frédéric Péchier, présumé innocent nie toute implication dans les faits, mais a admis lors de sa garde à vue qu'il y avait eu des empoisonnements dans la clinique où il travaillait. 

La décision du juge des libertés de laisser le médecin sous contrôle judiciaire avait provoqué mi-mai, la colère des victimes. Elles "vivent depuis deux ans un véritable ascenseur émotionnel", ce maintien en liberté "est assez incompréhensible", avait alors déclaré Me Frédéric Berna, avocat de parties civiles qui sera à nouveau présent aujourd'hui à la cour d'appel. L'avocat a estimé ce weekend que le Docteur Péchier avait par plusieurs fois violé son contrôle judiciaire. "Le Docteur Péchier profite de la liberté pour nuire au bon déroulé de l'instruction", argumente l'avocat des parties civiles.
 
 


24 empoisonnements suspects et 9 morts au coeur d'une longue enquête

    
Qui sont les victimes présumées du médecin bisontin de 47 ans. Les victimes présumées sont âgées de 4 à 80 ans. Elles ont toutes fait des arrêts cardiaques, fatals dans neuf cas, à l'occasion d'opérations chirurgicales sans difficultés particulières.
Selon l'enquête, ces "événements indésirables graves" (EIG) auraient été causés par la pollution volontaire "de poches de soluté de réhydratation ou (...) de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium". Certaines poches ont été saisies lors de l'enquête.

Les enquêteurs estiment que le Dr Péchier cherchait à provoquer des complications chez les patients de ses collègues pour les réanimer ensuite et apparaître en sauveur. L'enquête a révélé un "un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens".


Dans cette affaire hors normes si les faits sont avérés, la clinique Saint-Vincent, où pratiquait l'anesthésiste, s'est constituée partie civile de même que le Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (Snarf). Victimes et parties civiles veulent connaître la vérité : un soignant a-t-il volontairement joué ou non avec la vie de patients ?Est-il innocent comme lui et sa défense l'expliquent ?

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  Source de l'article : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/direct-anesthesiste-besancon-frederic-pechier-sera-t-il-laisse-liberte-place-detention-provisoire-1683942.html#xtor=RSS-3-[faitsdivers]
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